Séminaire BABYLONE, Psychanalyse & Littérature – 2 mars 2020 [165]

Benoît VERDON, Psychologue clinicien, psychanalyste, professeur de psychologie clinique et psychopathologie à l’Institut de Psychologie de l'Université de Paris (ex Paris Descartes), laboratoire « Psychologie clinique, psychopathologie, psychanalyse » (PCPP).
Tourments et ruminations dans l'œuvre tardive d'Eugène Ionesco : douleur de la vie, beauté de la langue.
Discutant : Denis BOCHEREAU, Psychiatre

« À soixante‐quinze ans, je “parlais” de la vieillesse, maintenant, suis-je la vieillesse ? Non, pas dans la passion, pas en esprit... et pourtant. Il y a une partie jeune, impérissable, mais il y en a une seconde, qui, elle... » Eugène Ionesco écrit ces lignes pendant sa convalescence au Château du Rondon suite à une décompensation somatique grave qui fut, dit-il, « la révélation d’une odieuse, affreuse, implacable vérité » : le temps passe, abîme, emporte et tue, et Ionesco peine à tenir bon. « Comment limiter l’illimité ? » se désespère-t‐il. Répéter, ressasser vont s’avérer des voies privilégiées, cependant sources de tourments, pour tenter de contrôler et d’endiguer la dynamique passivante et inéluctable qui se déploie là, marquée par la perte. Mais à la dimension dramatique de l’expérience de la vieillesse s’associe une remarquable dramaturgie de l’écriture.

Benoît VERDON

Bibliographie
Ionesco, E. (1963). Le Roi se meurt, Paris : Gallimard.
Ionesco, E. (1967). Journal en miettes, Paris : Gallimard.
Ionesco, E. (1969). Découvertes, Genève : Albert Skira Éditeur.
Ionesco, E. (1987). La quête intermittente, Paris : Gallimard.
Ionesco, E. (1991). Théâtre complet, Bibliothèque de la Pléiade, Paris : Gallimard.
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