SÉMINAIRE BABYLONE - Psychanalyse & Littérature – 15 juin 2009 [72]

Anne-Marie Dubois
Praticien hospitalier à la CMME Centre hospitalier Sainte-Anne, Centre d’Etude de l’expression
Le lit et le divan, Un cadre pour la création
A propos de l’exposition La passion à l’œuvre Rodin Freud collectionneurs
Discutante : Silke SCHAUDER*


Rodin et Freud ont réalisé, l’un à Paris et l’autre à Vienne, une œuvre entière, fondatrice, et par là même en rupture avec les idées de leur temps. Sans jamais s’être rencontrés, ils avaient constitué des collections d’antiques. Sans jamais s’être rencontrés, ils avaient disposé, au centre de leur lieu de travail et de vie, un lit, un divan. Les objets ainsi réunis étaient de nature équivalente en raison de leur esthétique et de la place qu’ils occupaient dans l’espace de création du psychanalyste et du sculpteur. Parallèlement il apparaît que le lit de Rodin et le divan de Freud n’avaient pas la fonction initiale qu’il serait évident ou habituel de leur prêter. Leur histoire respective ainsi que le moment de leur installation sont inscrits dans le cheminement créatif des deux hommes. Il est possible de penser que la présence du lit comme celle du divan ont été des principes organisateurs, non seulement des pièces qui les accueillaient mais aussi des événements et des fragments de vie qui s’y déroulaient. Peut-être est-ce en grande partie leur usage paradoxal ou inattendu qui a pu leur conférer un rôle. Éléments centraux de l’atelier-salon de Rodin et du cabinet de psychanalyste de Freud, ils furent tout autant objets précieux, référents de l’espace et des autres objets qui les entouraient, que cadres pour la pensée et pour les œuvres qui en sont l’aboutissement.


*Silke Schauder, Maître de conférences à l'IED-Université Paris 8, Directrice adjointe du Master 2 Professionnel "Psychologie Clinique, Psychopathologie et Psychothérapies", Psychologue clinicienne, art-thérapeute, Membre de la SFP, de la SFPE et de l'AIRHM.

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