SÉMINAIRE BABYLONE - Psychanalyse & Littérature – 6 juin 2016 [128]

Bernard GOLSE
Pédiatre, Pédopsychiatre et Psychanalyste, Chef de service de Pédopsychiatrie de l'Hôpital Necker-Enfants Malades à Paris et Professeur de Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université René Descartes (Paris V)
Ilots autistiques et créativité : de Picasso à Glenn Gould
Discutant : Yoann LOISEL, Psychiatre, Psychanalyste

Comme l’a bien montré, en son temps, Didier Anzieu («Le corps de l’œuvre»), la créativité artistique s’origine souvent dans un mouvement régressif visant à remettre l’artiste en lien vivant avec les parties les plus archaïques ou originaires de sa psyché, d’où un enracinement de l’œuvre dans le corps et les sensations.
C’est l’un des destins de l’originaire que d’ouvrir, parfois et dans les cas heureux, sur la créativité, mais cette possibilité n’est hélas jamais donnée d’avance.
Entre «autiste» et «artiste», une seule lettre diffère, certes, mais de quel trajet difficile et douloureux nous parle cette différence ?
Une autre façon de dire les choses, est de dire que les îlots autistiques propres à l’ontogenèse de psychisme sous-tendent la créativité artistique qui nécessite, nous semble-t-il, de pouvoir renouer avec l’en-deçà de l’intersubjectivité.

Pour étayer cette hypothèse, nous utiliserons deux exemples particuliers qui nous sont chers compte tenu de notre passion pour la peinture et pour la musique : celui des dix dernières années de l’œuvre de Picasso, et celui de Glenn Gould dont la personnalité a été si bien décrite par Michel Schneider dans son livre « Piano solo ».

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