Séminaire BABYLONE – Psychanalyse & Littérature – 2 avril 2012 [103]

Alejandro ROJAS-URREGO
Psychanalyste. Full Member de l'Association Psychanalytique Internationale (API). Médecin-Chef. Service de Psychiatrie et Psychothérapie de l'Enfant et de l'Adolescent. Fondation de Nant
L’amour en soi, l’amour déçoit, l’amour ou soi
A propos de MARELLE DE JULIO CORTÁZAR
Discutant : Anne-Marie SMITH, Essayiste, traductrice, universitaire

“Nul ne peut raconter l’argument d’un texte de Cortázar », écrit Jorge Luis Borges. Le désordre apparent de son écriture n’est en fait qu’un ordre mystérieux et fragile. Nous pouvons lire Julio Cortázar comme on jouait autrefois (?) à la marelle, ce rite enfantin « du caillou et du saut à cloche-pied pour entrer dans le Ciel. » Ses personnages nagent –et se noient parfois- dans des fleuves métaphysiques. Ils traversent des ponts de lettres qui réunissent tendresse et sensualité, ennui et passion, horreur et beauté. Ils se perdent et se retrouvent et se perdent à nouveau. Nous découvrons, avec eux, ce qu’il y a d’insolite dans le quotidien. Et aussi le contraire. Inquiétante étrangeté. Du solitaire au solidaire. De la terre au ciel. Du centre de l’être aux extrêmes de l’être. Et vice versa.

REPÈRES « LITTÉRAIRES »
J. Cortázar (1951) Maison occupée in Gîtes. Paris, Gallimard, 1968 (traduction de Laure Bataillon)
J. Cortázar (1956) La porte condamnée in Gîtes. Paris, Gallimard, 1968 (traduction de Laure Bataillon)
J. Cortázar (1963) Marelle. Paris, Gallimard, 1966 (pour la traduction française), collection “L’Imaginaire”, 2002.
J. Cortázar (1984) Entretiens avec Omar Prego. Paris, Gallimard, Collection folio essais, 1986.
I. Bergman (1987) Laterna Magica (trad.franç. Paris, Gallimard, Folio, 1987
A. Camus (1942) Le mythe de Sisyphe. In : Essais. Paris, Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1997

RÉFÉRENCES PSYCHANALYTIQUES
D. Anzieu (1981) La peau, la mère et le miroir dans les tableaux de Francis Bacon. In : Le corps de l’œuvre. Paris, Gallimard
W.R. Bion (1982) Séminaires italiens. Bion à Rome. Paris, In Press Éditions, 2005
M. Corcos (2005) Penser la mélancolie. Une lecture de Georges Perec. Paris, Albin Michel
A. Green (1980) Passions et destins des passions. In La folie privée. Psychanalyse des cas-limites Paris, Gallimard, 1990
A. Green (1980) La mère morte. In : Narcissisme de vie, narcissisme de mort. Paris, Les Éditions de Minuit, 1983
A. Green (1987) L’expérience et la pensée dans la pratique psychanalytique. In : Jouer avec Winnicott. Paris, PUF, 2005
A. Rojas-Urrego (2008) “Julio Cortázar et la maison de l’être”. Confrontations Psychiatriques, numéro 48, 2008, “Folies singulières en littérature”, pp. 229-244
R. Roussillon (2004) Winnicott et le “besoin” de folie. In : Winnicott insolite. Monographies de Psychanalyse de la RFP. Paris, PUF, 2004
M. Schneider (1988) Glenn Gould piano solo. Aria et trente variations. Paris, Gallimard, Folio
D.W. Winnicott (1960s-1973) “Fear of Breakdown”. International Review of Psycho-Analysis, 1, 1973 (trad.franç. La crainte de l’effondrement In : La crainte de l’effondrement et autres situations cliniques. Paris, Gallimard, 2000)
D.W. Winnicott (1971) Playing and Reality. London, Tavistock (trad.franç. Jeu et Réalité. Paris, Gallimard, 1975)

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