LE PLATRE

Les mains dans le plâtre

 

Ce sont des mains qui rencontrent, qui ressentent et qui façonnent.

Des bandes de plâtre déroulées, découpées, trempées dans l’eau où elles semblent disparaître, s’y dissoudre. Elles se soumettent alors au maniement des adolescents et des soignants. À la rencontre de la matière, les mains vont ressentir souplesse, solidité, froid, chaud, fragilité puis résistance.

Du lien se crée, des formes naissent, figuratives ou abstraites. Des objets inattendus retrouvent une secondes vie. Les mains enveloppent et s’enveloppent, statue vivante.
Une création nait, de mains en mains, à pleine mains elle se construit ; mémoire du lien et du temps.

La poussière de plâtre qui se répand dans les lieux, témoigne des allers-retours, du passage de la présence à l’absence, de l’obscurité à la lumière. 


A l’Atelier, les jeunes découvrent une utilisation originale du plâtre, autre que sa fonction première, la construction. Ses propriétés en font un matériau résistant et recyclable, et offrent une souplesse dans son application.

L’utilisation de bandes plâtrées peut paraître, à première vue, déroutante et difficile. Mais les possibilités de création sont infinies grâce à la rapidité de séchage du matériau. Le temps de fixation est très court, ce qui donne une temporalité vive et spécifique dans l’assemblage des éléments.
Lors des premières manipulations du plâtre, la sensation tactile amène à penser et fantasmer la fragilité de la matière. En hydratant les bandes, le plâtre se dissout et devient souple. Il est alors manipulable jusqu’au moment de séchage, et alors de fixation. Le mouvement entre hydratation et déshydratation oppose la matière entre état liquide, mou, souple, qui parait fragile, à un état dur, résistant et solide. Lorsque nous faisons pénétrer la bande dans l’eau, elle se dissout et parait presque disparaitre, mais le temps de prise est tellement rapide que l’angoisse d’effacement est abrogée.

Les qualités de la matière en font un matériau capable de restaurer, et alors de rétablir les possibles aléas et erreurs mal acceptées. La création peut être infinie, ne serait-ce qu’au niveau du temps de création comme au niveau spatial de sa mise en volume.
Sa couleur blanche, neutre, permet de mettre en couleur facilement ou encore se concentrer sur les interactions entre formes et lumière, entre volume et ombre.

Cette médiation permet un travail en groupe, pousse l’imagination de chaque adolescent à transformer l’objet vers un monde qui leur est propre, que leurs mains façonnent.

 

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