SÉMINAIRE BABYLONE - Psychanalyse & Littérature – 3 mai 2010 [85]

Edmundo GÓMEZ-MANGO
Psychiatre, psychanalyste, membre de l'Association Psychanalytique de France.
Poésie et psychanalyse. Autour de l’œuvre poétique de Juan Gelman.
Discutant : Anne Marie SMITH

«Il me semble qu'il y a quelque chose de défendu, de sacrilège de parler des rapports de la poésie et de la métaphysique », disait Jean Wahl, philosophe et poète. Je commenterai ce propos comme une introduction au rapprochement de la poésie et de la psychanalyse. Dans l'ouvre de Freud, la relation de la théorie et de la littérature est capitale : le Dichter, le poète au sens large, celui qui fait avec les mots, est un des interlocuteurs privilégiés du créateur de la nouvelle science.
L'oeuvre de Juan Gelman, un des plus grands poètes contemporains, a été marquée par «les désastres de la guerre », les dictatures militaires de l'Amérique latine. Il n'a pas cessé d'entendre l'appel des «disparus », à la fois dans son destin d'homme et de poète. Sa quête poétique s'est intriquée avec sa lutte citoyenne pour « l'apparition » de ses être aimés. Les retrouvailles avec sa petite fille, volée quand elle est née en captivité, en témoignent. Son chant s'adresse souvent à l'absent aimé. De là sa rencontre avec la grande poésie mystique. Sa traversée des strates les plus primitifs du langage lui permet d'atteindre le status nascendi de la parole, là ou la haute poésie rejoigne le chant populaire. Ce qu'il appelle «l'enfant fondamental» semble être la source première de son poème.

Les traductions françaises des livres de Gelman disponibles en librairie, sont les suivantes :
Les poèmes de Sidney West, éd Creaphois.
Les cahiers de Royaumont,  traduction collective.
Obscur ouvert, traduction de Jean Portante, éd. Phi, Luxembourg, distribué en France par la librairie Wallonie -Bruxelles.
L'opération d'amour, préface de Julio Cortazar, traduction Jacques Ancet Gallimard, 2006.

Edmundo Gomez-Mango, est membre de l'Association psychanalytique de France.
En français, il a publié La Place des Mères (1999) et La Mort enfant (2003) dans la collection "Connaissance de l'inconscient"(Gallimard), la poésie de Juan Gelman et l'appel des disparus (Myriam Solal, 2002).
Et tout récemment, Un muet dans la langue (Tracés Gallimard, 2009) -  dont notamment un chapitre : "Entre les vivants et les morts" est consacré à Juan Gelman.
Il a traduit les Fleurs du mal en espagnol.

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